Brongniart, architecte du palais de la Bourse, édifie en 1780 pour l’ordre des frères Capucins un nouveau couvent situé alors au milieu des jardins et des cultures maraîchères. Les deux pavillons entourant la façade abritaient, à gauche, la chapelle (devenue église Saint-Louis d’Antin) et à droite, le parloir des moines. Vendu comme bien national en 1792, le couvent devint successivement imprimerie, puis hôpital avant d’être racheté en 1803 par l’Etat pour y installer un lycée baptisé, au gré des régimes politiques, Lycée Bonaparte (1803), Bourbon (1815), Fontanes (1874) et enfin Condorcet (1883). Du couvent demeure le cloître intact, atrium dorique d’une austère simplicité : visible depuis la porte centrale de la façade, il sert aujourd’hui de cour au lycée. Dans ce quartier qui connut son plein développement au XIXe siècle avec la construction de la gare Saint-Lazare et des grands magasins, le lycée Condorcet a vu passer Théodore de Banville, Jean-Jacques Ampère, Alexandre Dumas fils, Edmond et Jules Goncourt, Nadar, Eugène Sue, Sadi Carnot, Mallarmé, Verlaine, Sully Prud’homme, Marcel Proust, Haussmann, le duc de Morny, Henri Monnier.