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Ouvert en 1813, « Les Deux Magots » a connu très tôt les faveurs du monde littéraire : à l’origine magasin de nouveautés, l’un des premiers à Paris, il est cité par Balzac et Anatole France. Un café lui succède en 1881, bientôt fréquenté par Verlaine, Mallarmé et Wilde. En 1914, l’établissement prend l’aspect qu’on lui connaît aujourd’hui, et devient l’un des rendez-vous de l’élite intellectuelle. Les surréalistes en font leur quartier général, Jean Giraudoux, Paul Morand et Jacques Chardonne s’y croisent, ainsi que Joyce et Hemingway. En 1933, quelques habitués, dont Bataille, Leiris et Philippon, fondent le Prix des Deux Magots, pour la première fois décerné à Raymond Queneau. Les intellectuels d’avant guerre, parmi lesquels Malraux, Gide et Mauriac, surnomment Les Deux Magots « l’antichambre ». Après la guerre, les plus grands noms des Lettres, des Arts et du Spectacle fréquentent ses célèbres terrasses ; Camus, Genet, Giacometti sont présents, Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir s’y installent chaque jour pour écrire.