Né en 1852 à Châtellerault, Rodolphe Salis fonde ici un cabaret où il attire, dans un invraisemblable bric-à-brac « de pur Louis XIII », les artistes de la Butte et l’état-major du « Club des Hydropathes »,mené par le journaliste Emile Goudeau. Dès l’inauguration tapageuse, en 1881, le ton est donné, qui fustige allègrement la clientèle bourgeoise et les institutions. Le succès de cette « citadelle bruyante et vengeresse d’où les projectiles tombent drus sur les pontifes du Boulevard jusque sur les momies de l’académie française » ne tarde pas, relayé par la création d’un hebdomadaire. En 1891 Alphonse Allais devient rédacteur en chef de cet « organe des intérêts de Montmartre », avec pour profession de foi : « La blague est la seule arme à employer contre la solennité… »