La tragédienne quitte l’hôtel particulier édifié pour elle en 1877 par Félix Escalier, à l’angle de la rue Fortuny et de l’avenue de Villiers, pour se faire bâtir ici une nouvelle demeure en 1891. « Dans ce quartier de luxe en train de pousser au milieu des terrains vagues de l’ancienne plaine Monceau » décrit par Zola, se regroupent désormais d’élégants ateliers. En effet, sans abandonner sa carrière théâtrale brillante et mouvementée, elle s’est découvert une nouvelle passion pour la sculpture. Sa première œuvre exposée date de 1876, elle remporte un véritable succès avec un grand groupe intitulé « Après la tempête », salué d’une mention honorable du jury. Pour s’éclairer, elle invente « une couronne, ou plutôt un cercle d’argent dont chaque fleuron était un bougeoir » ; ainsi casquée, elle travaille sans désemparer souvent jusqu’à minuit, quelquefois quatre heures du matin. En 1907, elle note dans « Ma double vie » : « Il me semblait maintenant que j’étais née pour être sculpteur, et je commençais à prendre mon théâtre en mauvaise part »…