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Masqué sur la rue par une maison de rapport élevée au XIXe siècle ; l’hôtel de Bourrienne conserve un incomparable décor de l’époque Consulat, dont subsistent fort peu d’exemples. Bâti en 1787-1788 par Célestin-Joseph Happe, l’hôtel appartint de 1795 à 1798 à une célèbre « merveilleuse », Fortunée Hamelin, puis à Louis-Antoine Fauvelet de Bourrienne, ami intime et condisciple de Bonaparte à l’école de Brienne. Une façade très sobre, de style Directoire, sert d’écrin discret aux splendeurs de l’intérieur : salon d’hiver, salon, salle à manger, salle de bain, bureau témoignent d’un raffinement subtil dans leur décor antiquisant. La façade du jardin, décorée des renommées tenant des couronnes ou des palmes, est attribuée à un élève et Percier et Fontaine, Antoine-Chérubin Leconte, en collaboration avec son beau-frère, le sculpteur Lemot. Parmi ses propriétaires, cet hôtel compta à la fin du XIXe siècle Charles Tuleu de Berny : héritier de la fonderie de caractères typographiques fondée par Balzac, il installa son entreprise au fond du jardin.