Issu d’un milieu modeste, il doit sa carrière, et ses premières leçons de piano, à une intime de la famille qui décrète : « Cet enfant fera de la musique ! ». Entré au Conservatoire en 1872, il y reçoit déjà le nom de « Prince des Ténèbres » ; sont indépendance d’esprit s’y accentue, et il réplique en ces termes à la question de l’un de ses maîtres, stupéfait : «  – Mais enfin, monsieur Debussy, entendez-vous ? – Oui, monsieur, j’entends mon harmonie, mais pas la vôtre ! ». Prix de Rome en 1884, avec la « Cantate de l’Enfant prodigue », il s’ennuie à la Villa Medicis et scandalise par son envoi du « Printemps ». Il s’attire alors l’hostilité de Saint-Saëns, mais à son retour, se lie avec Mallarmé d’une amitié jamais démentie. Après le « Quatuor », il donne en 1893 le « Prélude à l’après-midi d’un faune », puis les « Nocturnes » et les « Chansons de Bilitis ». Installé ici en 1901, à l’époque de son mariage avec Lily Texier, il y compose « Pelléas et Mélisande », sur un livret de Maeterlinck : c’est un désastre, suivi d’un triomphe.